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La pratique de l’ultra-trail, malgré sa popularité grandissante et la participation accrue des femmes, révèle encore certaines lacunes en matière d’infrastructure et de soutien durant les compétitions, notamment pour les traileuses confrontées à leurs règles. Les difficultés logistiques telles que l’absence de protections hygiéniques et de lieux pour se changer sur les sentiers demeurent un sujet de préoccupation. Ainsi, les initiatives et réflexions autour de l’amélioration des conditions pour les femmes sur les trails sont plus que jamais essentielles pour promouvoir une égalité réelle et un soutien approprié lors de ces défis sportifs intenses.
La pratique de l’ultra-trail a pris un essor important ces dernières années, avec de plus en plus de femmes participant activement aux compétitions, tant sur le plan local qu’international. Toutefois, les infrastructures proposées lors de ces courses ne sont pas toujours adaptées aux besoins spécifiques des traileuses, notamment lorsqu’elles ont leurs règles. Cet article explore comment améliorer les conditions des femmes durant les compétitions de trail, en abordant les solutions possibles et les initiatives déjà mises en place par certains organisateurs de courses.
Un manque d’infrastructure adaptée aux besoins des femmes
Depuis quelques années, les femmes ont réussi à se frayer un chemin parmi les meilleurs trailers du monde. Cependant, leur expérience en compétition reste complexe, notamment en raison du manque d’infrastructures adaptées. Une enquête menée en mai 2025 par le club Deniv 974 auprès des traileuses de l’île de La Réunion a mis en lumière un problème important : il y a peu, voire pas, de protections hygiéniques disponibles sur les courses. De plus, les zones pour se changer, se laver les mains et se mettre à l’abri des regards sont quasi inexistantes.
Floriane, membre du club Deniv 974, souligne : « Nous avons constaté que sur de nombreuses courses, il n’y avait pas de protections disponibles, mais surtout pas d’endroit pour se changer et se laver les mains ». Cela peut être particulièrement problématique lors de courses longues comme le Grand Raid, où aucune disposition spécifique n’est envisagée pour les femmes qui ont des menstruations. Félix, un autre membre du club, explique qu’il est primordial de penser à cela pour assurer une présence féminine égale à celle des hommes en compétition.
Des initiatives prometteuses
Malgré les lacunes actuelles, certaines courses commencent à mettre en place des solutions. Par exemple, après une expérience difficile vécue par la traileuse Emilie Maroteaux lors du Grand Raid 2021, le Suisse Canyon Trail qu’elle parrainait a rapidement décidé de fournir des protections menstruelles et des endroits pour se changer à chaque ravitaillement.
« Je n’avais jamais vu ça nulle part. A l’UTMB, il y a parfois des espaces sanitaires, donc on peut se laver les mains, mais la plupart du temps il n’y a rien du tout », témoigne Emilie Maroteaux, soulignant que cette initiative était exemplaire. D’autres organisateurs, comme Hassen Patel, président de l’UTOI, affirment travailler pour adapter les dispositifs proposés aux besoins des femmes, en installant des toilettes sèches et de quoi se laver les mains tout en assurant la distribution de protections hygiéniques.
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Étudier l’impact des règles sur les performances sportives
Le peu de discussions entourant les menstruations en compétition a motivé la kinésithérapeute Manon Dauvergne à lancer une étude sur ce sujet. En doctorat des sciences du sport, elle souhaite comprendre l’impact des règles sur les performances sportives à travers un programme expérimental.
« Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais les premiers retours montrent que les participantes peuvent produire des efforts sportifs pendant les règles, ce dont elles n’étaient pas persuadées avant le début de l’entraînement », partage-t-elle. La doctorante souligne aussi que ne pas tenir compte des menstruations pourrait ajouter une charge mentale aux coureuses, impactant indirectement leurs performances.
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Vers un avenir plus inclusif pour les traileuses
Afin de garantir une meilleure expérience aux coureuses, Manon Dauvergne encourage les organisateurs à adopter des pratiques inspirées de la charte « She Races », préconisant des espaces réservés aux femmes avec des fournitures indispensables. Elle insiste aussi sur l’importance d’une contribution collective pouvant venir des organisateurs, des bénévoles, ainsi que des participants eux-mêmes.
Bien que des progrès aient été réalisés, il reste encore beaucoup à faire pour assurer une égalité dans la pratique du trail. Avec des initiatives concrètes et une volonté collective, les organisateurs peuvent garantir une expérience plus inclusive et bienveillante pour toutes les compétitrices.
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Accompagnement des Traileuses : Vers Une Évolution Incontournable
La problématique des menstruations des femmes dans l’ultra-trail ne peut plus être mise de côté si l’on souhaite aspirer à une égalité réelle dans le milieu du sport de haut niveau. Alors que le nombre de traileuses ne cesse de croître, il devient nécessaire d’adapter l’environnement compétitif à leurs besoins spécifiques. Le rapport d’enquête initié par le Club Deniv 974 a mis en lumière des lacunes encore présentes lors des compétitions, mais il ouvre surtout la voie à des améliorations probantes.
Qu’il s’agisse de la mise à disposition systématique de protections hygiéniques à chaque ravitaillement ou de la création de zones protégées pour se changer, de telles mesures ne sont pas de simples commodités, mais des nécessités logistiques. Ainsi, suivre un protocole comme celui de la charte « She Races » peut être une avancée significative, inspirant une nouvelle norme pour les courses de trail.
En parallèle, l’étude menée par Manon Dauvergne souligne combien le sujet est méconnu et sous-exploré, même dans l’environnement scientifique. L’impact des menstruations sur les performances sportives reste en effet flou, et les résultats de ces recherches pourraient bien changer la donne pour les futures coureuses. Donnant à ces femmes les clés pour comprendre leur corps et améliorer leur expérience de course, cette avancée scientifique pourrait redéfinir les stratégies d’entraînement.
Les bénévoles, les organisateurs de courses et les associations sportives ont un rôle crucial à jouer pour lever les tabous et encourager des changements concrets. Par leurs actions, ils peuvent non seulement améliorer les conditions de course pour les femmes, mais également permettre à l’ultra-trail de s’adapter aux défis d’aujourd’hui. En fin de compte, ce sont ces adaptations qui marqueront la progression et la transformation de l’ultra-trail vers une discipline véritablement inclusive, où chaque coureuse se sentira à son aise et valorisée.
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